Vous comptez faire reproduire votre chien ?
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De plus, une chose que l’on ne m’a pas apprit étant petite était que les éleveurs sont très différents des fermiers. Pour moi il existe 2 catégories d’éleveurs de chiens de race: 1) ceux qui élèvent dans l’arrière-cour, au fond du jardin ou dans une cave, ceux qui élèvent au « petit bonheur la chance » ou ceux qui le font occasionnellement. Si des éleveurs produisent beaucoup de chiots, ils sont également classés en tant que « moulins à chiots » (puppy mills). Cette catégorie est hautement critiquée par la société, éducateurs et vétérinaires qui préviennent constamment d’éviter ce genre d’éleveur. 2) ceux qui sont réputés, qui ont une éthique, de bons éleveurs en somme. A ce chapitre, je décida que je ne voulais pas faire partie de la première catégorie d’éleveur, parce qu’il faut être quelqu’un avec très peu d’estime. Je ne voulais certainement pas que l’on dise du mal de moi ou de mes chiens ! Je commença donc mes recherches pour avoir des informations à propos de ce qu’impliquait le fait d’être un « bon » éleveur et ce commerce. Et laissez-moi vous dire que plus j’avançais dans mes recherches, plus je trouvais des informations qui allaient briser toutes les images (naïves) d’enfant que j’avais.
Premièrement, être un « bon » éleveur veut dire que vos chiens doivent
avoir quotidiennement de l’attention individuellement et qu’ils ne sont
pas juste sortis de leur cage pour rester dans l’arrière-cour comme du
bétail dans des enclos. Cette règle limite sérieusement le nombre de
chiens qu’un « bon » éleveur peut avoir. Les acheteurs, de nos jours, sont plus informés et moins enclins à acheter des chiots dont les parents ne sont pas proprement dépistés (radiographiés des hanches et certifiés exempts c’est un minimum). Et certains de ces examens de dépistage ne peuvent être effectués avant que le chien n’ait au moins 2 ans ! Toutes ces préparations-certifications de pré-reproduction et l’attente que le chien ait 2 ans, tout ceci était tout nouveau pour moi. Les fermiers se sentent rarement concernés par ces tests, au-delà des « aptitudes au travail » et des chiens « qui s’élèvent tous seuls ». De plus, et aussi fou que cela puisse paraître, j’ai également découvert que tous ces titres dans les pedigrees (documents de généalogie) impressionnent la plupart des gens, surtout s’ils n’arrivent pas à les déchiffrer ! Les personnes qui achètent du bétail, des cochons, de la volaille ou des chevaux rarement demandent des renseignements à propos des papiers encore moins de pedigrees ! |
Et encore moins habituel pour moi (comparé à ma vie à la ferme) c’est qu’avant tout, pour être un « bon » éleveur, vous devez « trier sur le volet » les acheteurs ! Si vous vendez des chiots à n’importe qui, du moment qu’ils aient de l’argent, vous tombez instantanément dans la terrible catégorie de ceux qui élèvent au « petit bonheur la chance », ceux qui le font occasionnellement ! Vous vous devez d’éliminer les « mauvais foyers » et de ne vendre qu’à de « bonnes familles ». Et pour continuer à démontrer vos principes moraux de « bon » éleveur, vous devez établir un contrat écrit qui soulignera les garanties contre les vices cachés et rédhibitoires, qui assurera à l’acheteur que vous reprendrez chez vous tout chiot qui ne pourra plus rester chez ses propriétaires, et rappellera que tout chien a besoin de bons soins, y compris ceux destinés à la stérilisation (lorsqu’ils sont vendus sous l’appellation de « pour compagnie » : présentant des défauts majeurs qui empêcheront la confirmation du chiot et qui sont donc retirés de la reproduction). Ceci étant un petit échantillon du travail que les fermiers ne font et ne FERONT jamais ! Alors…OK, je suis au courant maintenant. Il est l’heure pour moi de rechercher le chien. Pour une bonne race, les chiots se vendent aux alentours de 600-1500$, ce qui est relativement cher mais c’est une somme que les gens arrivent à donner tout de même. D’accord, donc maintenant on achète un mâle et une femelle et nous sommes prêts, c’est ça ? Faux ! J’ai compris que rarement les « bons » éleveurs reproduisent leurs femelles avec leurs propres étalons. D’habitude les femelles sont saillies par des mâles extérieurs à l’élevage qui ont des titres de travail, des pedigrees intéressants et qui sont exempts de toutes les maladies héréditaires dépistables. Et non, le mâle des voisins ne le sera pas forcément. Tout ceci est totalement à l’opposé des habitudes des fermiers ! Bon, la femelle a maintenant 2 ans, ses résultats de dépistage, a concouru lors d’événements officiels, donc maintenant il est l’heure de lui chercher un étalon. Les frais pour un étalon tournent autour des 500-1500$, wow ! Ensuite le propriétaire du mâle veut que la femelle soit testée contre la bruxelliose (une maladie transmissible sexuellement) et ait un résultat négatif au test des vers (du cœur) – encore des frais. Mais, Ok… tout cet argent est maintenant dépensé et la femelle aura une grossesse normale et une mise bas ordinaire, comme un cochon à la ferme, c’est juste ? Eh bien… peut-être bien ou peut-être pas. Une femelle portante a besoin d’être nourrie avec une très bonne alimentation et doit avoir de l’exercice approprié à son état. Ensuite elle mettra bas peut-être normalement. Mais peut-être pas. Elle devra peut-être subir une césarienne (une intervention qui reste chère). Certaines femelles meurent lors de la mise bas ! D’autres n’auront pas de lait pour les chiots et d’autres encore ne s’en occuperont pas ! Wow ! Je n’avais jamais pensé à tout ceci. Maintenant tous les chiots sont bien nés et nous nous préparons à recevoir les $, c’est juste ? Non, désolée. D’abord certaines races demandent à ce que les queues et les ergots soient retirés par un vétérinaire et cela coûte encore de l’argent. Et contrairement aux acheteurs de bétail, les acheteurs des chiots attendent de vous un chiot socialisé, en pleine santé, qui a été élevé chez nous et pas juste au fond du jardin ou dans une cage. Ce qui veut dire que les chiots auront besoin de toute votre attention et devront être exposés à un maximum de gens étrangers et de bruits. Sans oublier que les chiots sont plus sensibles aux maladies et requièrent plus de vaccins, etc. que les animaux de ferme pour rester en bonne santé. Ensuite il y a les certificats de bonne santé établis par les vétérinaires, requis par de nombreux pays si vous vendez les chiots à partir de 8 semaines (et non, on ne peut pas les vendre avant cet âge parce qu’ils ne seront pas complètement développés mentalement si séparés de leur mère trop jeunes). De plus, toute cette nourriture pour chiot (qui deviendra des montagnes de saleté qui devront être nettoyées plusieurs fois par jour) qui est plus chère que le grain, même la moins chère, une alimentation « bon marché » fera des chiots des animaux carencés. |
Ensuite vient la publicité. Encore une GROSSE dépense. On ne peut pas juste mettre un encart dans le bulletin du supermarché du coin. Pour être sûr que tous les chiots seront partis dans leur « bon » foyer à 12 semaines d’âge, on doit commencer à faire de la publicité avant même que les chiots ne soient nés ! Et on doit être préparé dans l’éventualité qu’un ou plusieurs chiots puissent rester à la maison plus longtemps, dans le cas où la « bonne » famille ne se soit pas encore présentée.
Le plus
grand choc qu’a eut à subir mon “cerveau" élevé à la campagne” était le
fait qu’un “bon” éleveur fait rarement du profit! Et même assez souvent
ils perdent de l’argent ! Vous vous demandez certainement – tout comme je
l’ai fait – pourquoi des personnes traversent toutes ces situations, se
fendent le cœur et dépensent de l’argent alors qu’ils savent qu’ils ne
récupéreront pas leur argent ??? 1) ils aiment la race, aiment concourir et élèvent pour produire un autre chien de concours, sans parler de l’ami, qui sera identique ou encore meilleur que ses parents. 2) pour perpétuer une lignée qui a été créée non sans efforts 3) pour donner à de « bons » foyers un chien de grande qualité, en bonne santé et qui aimera les compétitions. Cette excursion au fond du sujet de l’ « élevage de chiens de race pour le profit par de bons éleveurs » depuis les rêves de mon enfance m’a prit en réalité 12 ans, en faisant beaucoup de recherches. J’espère que cet article vous aidera – vous, lecteur – à vous informer plus rapidement que cela ne l’a été pour moi. Oui, être un « bon » éleveur c’est une vocation, un déchirement, plein de travail et ce n’est pas n’importe qui qui pourra le supporter. Etre un éleveur « au petit bonheur la chance » ou occasionnellement ne doit pas être si simple que cela, mais en réalité cela ne fait que briser une race que nous aimons et produit beaucoup de chiots qui plus tard grandiront parmis les Humains, des chiots qui seront non-désirés et certainement euthanasiés. Souhaitez-vous vraiment avoir « ça » sur la conscience ??
S’il
vous plait, si vous voulez vraiment être éleveur soyez un « bon » éleveur,
responsable – c’est là que réside toute la récompense de ce travail.
Traduction d’un texte écrit par Diane Richardson |